Vitamine D – Vitamine du soleil

vitamine d soleil

On la savait indispensable à la croissance de l’os. La vitamine D révèle des rôles majeurs sur le muscle et le cerveau.

Mais près de la moitié des Français en sont carencés, et son insuffisance a des effets néfastes, à l’origine de fractures mais aussi d’affections neurodégénératives.

Carence en vitamine D

La vitamine D est essentielle dans le développement et le maintien de la minéralisation osseuse. Il faut de la vitamine D pour que le calcium fortifie nos os, leur assure non seulement une quantité mais aussi une qualité suffisante.

Toutes les mamans ont donné de la vitamine D à leurs petits-enfants. Et sa carence aboutit à des signes de rachitisme chez l’enfant et de défaut de minéralisation chez l’adulte, avec un manque de tonus musculaire.

Car la vitamine D améliore la qualité des fibres musculaires rapides, utiles dans l’équilibre. Or, justement, le manque de vitamine D est associé au vieillissement et à la perte d’équilibre.

Cette déficience affecte principalement la musculature des membres inférieurs, nécessaire à la marche. Le nombre de fractures liées aux chutes est réduit dans la population âgée supplémentée en vitamine D.

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Vitamine D : Calcium

De nombreuses études montrent une amélioration de l’endurance, de la vitesse, chez des sujets jeunes traités par suppléments en vitamine D et exposés à des UV.

« La vitamine D permet de réguler la calcémie, le taux de calcium dans le sang, et la circulation du calcium dans l’organisme est essentielle au métabolisme de toutes nos cellules » Explique Bernard Guy-Grand, professeur honoraire de nutrition et membre du Conseil d’Administration du Fonds Français pour l’alimentation et la santé.

Manque de calcium ? C’est la destruction osseuse assurée. « La calcémie est régulée par l’hormone para-thyroïdienne, poursuit le médecin. Or, en cas d’insuffisance de calcium, cette hormone va piocher le calcium dans l’os, d’où le risque de déperdition osseuse. »

Le rôle de vitamine D dans le développement des os

Quant aux problèmes d’ostéoporose, en progression constante, si la vitamine D et le calcium ne suffisent pas à l’enrayer ils participent à sa prévention.

La haute autorité de santé estime que le nombre de femmes ostéoporotiques en France est de 3 millions. Manquer de vitamine D signale un haut risque d’ostéoporose. Les résultats de revues systématiques et de méta-analyses publiées entre les années 2005 et 2012 montrent une réduction statistiquement significative des marqueurs ostéoporotiques et du risque de fracture suite à un apport de vitamine D.

A partir de la cinquantaine, on prescrit une dose de vitamine D tous les 3 mois. Les généralistes devraient le faire – elle est remboursée – et n’hésitez pas à la demander à votre médecin traitant. Mais cette maladie reste mal dépistée donc insuffisamment prise en charge.

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Une maladie peu dépistée et mal prise en charge

Entre 2011 et 2013, le nombre de patients hospitalisés pour fractures a augmenté de 10%, passant de 150450 à 165250 . Et pendant ces années, le nombre de prescriptions de densitométrie osseuse a diminué d’environ 6% par an.

Le professeur Thierry Thomas, rhumatologue (CHU St Étienne), s’inquiète d’un tel défaut de dépistage et de prise en charge. Pourtant l’ostéodensitométrie est un examen remboursé ! Après fracture, moins de 10% des malades, pour la plupart des femmes, ont été dépistés. Un constat catastrophique.

Une femme de faible poids corporel, ménopausée, qui a arrêté ou jamais pris le THS, aux antécédents familiaux d’ostéoporose, qui de plus suit un traitement de corticoïdes, fume, doit subir cette ostéodensitométrie de contrôle. C’est au rhumatologue qu’il reviendra alors de choisir le traitement d’une ostéoporose.

Domaine en plein développement, plusieurs molécules parviennent à stopper l’évolution de la maladie, et même à booster l’os, et une nouvelle molécule est attendue pour 2017 aux États-Unis, 2019 probablement en France. Elle sera capable de reconstruire de l’os. Autrement dit, de guérir l’ostéoporose.

La vitamine D a un rôle certain sur le cerveau…

Outre ces effets « classiques », la vitamine D possède d’autres fonctions, en particulier sur le cerveau. Son insuffisance est un facteur de risque dans les affections neurodégénératives, le décline cognitif. « Il y a une forte relation entre manque de vitamine D et cerveau, donc la mémoire. Trois personnes âgées sur quatre présentent une insuffisance en vitamine D (hypovitaminose) et au moins une sur deux souffre de troubles cognitifs.

Il existe donc une corrélation et un lien plausible entre vitamine D et cognition chez la personne âgée, ouvrant des perspectives intéressantes en termes de prévention des maladies neurodégénératives », révèle le professeur Guy-Grand.

In vitro, la vitamine D augmente la synthèse d’agents favorisant le développement des tissus neuronaux. Chez les modèles animaux, on constate une induction neurotrophique anti neurodégénérative dans la maladie de Parkinson et le diabète.

Des études montrent que les apports alimentaires élevés de vitamine D sont associés à un meilleur fonctionnement cognitif chez les personnes âgées et permettent de diviser le risque de maladie d’Alzheimer par 5 après 7 ans.

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Vitamine D et maladie inflammatoires

L’action de la vitamine D incite à penser que son insuffisance pourrait être un cofacteur important de l’apparition d’un certain nombre de maladies neurodégénératives ou psychiatriques (épilepsie, dépression). La vitamine D améliorerait l’efficacité des médicaments prescrits. Et elle a des effets anti-inflammatoires en agissant sur les cellules de l’immunité.

Elle pourrait ainsi freiner les processus d’auto-immunité, lorsque l’organisme s’emballe contre lui-même. Dans des modèles animaux, l’hypovitaminose D aggrave les symptômes de maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux ou le psoriasis.

Un déficit en vitamine D est associé à un risque accru d’événements cardiovasculaires, les mécanismes, complexes, concernent les effets directs de la vitamine D sur les cellules des parois vasculaires.

Mais il est difficile de dire si l’insuffisance en vitamine D est la cause ou la conséquence d’une maladie cardiovasculaire. De même pour plusieurs cancers, colon, sein, prostate, la corrélation entre expositions solaires donc apport en vitamine D et leur incidence est inverse.

Mais comme l’exposition solaire en excès est liée au cancer cutané, la prudence s’impose !

Qui doit se supplémenter en vitamine D ?

Selon le professeur Guy-Grand « notre alimentation habituelle ne suffit pas à assurer nos besoins en vitamine D, nous ne mangeons pas assez de poissons gras (harengs, maquereaux, anchois, sardines, saumon et truite) ». En France, les apports nutritionnels conseillés par jour, pour les adultes sont de 200 UI au-dessous de 70 ans et 600 UO au-dessus.

Mais les apports moyens de la population française étant en dessous de ces recommandations, il est indispensable de passer à 600 UI par jour en dessous de 70 ans et 800 UI par jour au-delà.

Tout en sortant davantage en plein air. La supplémentation des laits infantiles en vitamine D a conduit à la quasi-disparition du rachitisme. Enfants, adolescents, en pleine croissance, femmes enceintes et allaitantes, personnes âgées peuvent recevoir une supplémentation selon l’avis de leur médecin. Et, au-delà de 60 ans, une supplémentation est en général fixée à une dose tous les deux ou trois mois. En France l’insuffisance en vitamine D atteint jusqu’à 80% des personnes âgées.

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La vitamine D aime le soleil

L’organisme synthétise de la vitamine D au niveau de la peau sous l’action des rayonnements UVB. Pour un adulte en bonne santé, l’exposition au soleil peut procurer de 80% à 90% de la vitamine D requise mais…moins en France.

Dix minutes de soleil, en exposant juste les mains, les avant-bras ou le visage, entre 11 heures et 14 heures, suffiraient. Alors pourquoi sommes nous si nombreux à en manquer ? Parce que Paris n’est pas Madrid, parce que ces dix minutes sont suffisantes de mars à octobre, et parce qu’enfin c’est sans compter avec la pollution atmosphérique.

Et l’on sait aussi que les personnes âgées sortent moins, se couvrent davantage et leur capacité à synthétiser de la vitamine D est diminuée.

On recommande

Une activité physique régulière ainsi que la consommation de poissons gras, d’œufs, de laitages enrichis, d’huiles végétales enrichies ou de céréales enrichies, une supplémentation en cas de pathologie liée à une déficience, ainsi que chez les nourrissons comme les personnes âgées, les femmes enceintes, les sujets n’arrivant pas à assurer des apports corrects, et chez les patients ayant subi une chirurgie bariatrique.

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